Pas de panique, c’est juste la fin de l’année !

Tout est déjà arrivé au cinéma.

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Nous sommes tous des survivants. Nous avons été façonnés pas les traumatismes de cette période, impérativement gaie, mais qui peut s’avérer éprouvante à traverser : les fêtes de fin d’année.

 

 

Après le réveillon de Noël, vous avez déjà fait la moitié du chemin. Pour nous donner le courage d’aborder le deuxième réveillon, rappelons-nous que le cinéma a déjà traité, génialement, quelques-uns des événements auxquels nous allons être confrontés.

Ne reproduisez pas nécessairement tout ce que je vous montre aujourd’hui.

 

Cadeau incertain

Vous avez normalement coché la case “cadeaux sous le sapin”, et les déceptions qui, parfois (souvent ?) les accompagnent. Il existe un langage inconscient des cadeaux, que nous savons très bien interpréter, surtout lorsqu’ils disent « tu es n’importe qui ». Marcel Mauss, fondateur de l’anthropologie française, a étudié le système du don qui se fonde sur trois piliers, parfaitement illustrés par cette scène d’ « Un air de famille » de Cédric Klapish : l’obligation de donner, l’obligation de recevoir et l’obligation de rendre.

 

 

Donner, recevoir, rendre, sont dans cette famille d’une telle difficulté, que même Yoyo, la nunuche, ne parvient pas à prendre sa place dans la cérémonie des cadeaux. Il n’y a ni trêve, ni instant de paix, ni volonté d’apaiser d’âpres relations familiales. Grâce à sa géniale interprétation, l’actrice Catherine Frot décrocha le César du meilleur second rôle en 1997.

 

Festin brutal

Le rituel du repas de famille est lourd de conventions, c’est pourquoi il en rebute plus d’un. Pendant les fêtes de fin d’année, le cercle familial élargi doit se soumettre aux règles qu’il s’est imposé pour préserver sa cohérence. Parfois ça dérape, sévèrement. Le plus bel exemple en est le film de Thomas Vinterberg « Festen ». Portant un toast en l’honneur de son père, le roi de la fête, Christian en profite pour révéler les pratiques incestueuses du patriarche.

 

 

Que se passe-t-il alors ? Tel est l’enjeu du film : dévoiler les tactiques de résistance aux vérités inacceptables, les stratégies d’évitement, l’hypocrise sociale. Tout ce que nous pouvons vivre, en somme, lors de nos réunions familiales.

 

Faire bombance

Avec leurs grandes chères et ripailles, les fêtes de fin d’année peuvent rapidement devenir orgiaques. Pourtant aux origines du Christianisme, les agapes étaient un repas du soir pris en commun par les premiers chrétiens. On y célébrait le rite eucharistique, la fraction du pain. Elles incitaient donc plutôt à la sobriété.

Par extension et profusion d’abus, les agapes sont devenues un banquet somptueux. Et des agapes aux orgies, il n’y a que peu de distance historique. C’est dans « Le sens de la vie », que les Monty Python mettent en scène un des plus belles orgies cinématographiques, au cours de laquelle un After Eight devient un détonateur (âmes et estomacs sensibles, passez cet extrait !).

 

Le film a obtenu le Grand Prix spécial du Jury lors du Festival de Cannes 1983, devenant l’une des très rares comédies primées à Cannes.

 

Déborder

L’excès est bien ce qui rebute le plus au cours de cette période. Les lumières coulent à flot sur les avenues, les cadeaux se multiplient, les musiques se jouent si fort qu’elles ne sont plus que bruits, et les occasions de s’empiffrer et s’enivrer s’accélèrent : il faut de la démesure jusqu’au trop-plein.  Le réveillon du Nouvel An est un rite de passage, où tous les excès ont vocation à évacuer l’année écoulée, pour mieux l’enterrer. Il est donc préférable d’éviter de l’organiser chez soi !

Le plus joyeux débordement de l’histoire du cinéma est pour moi celui de « The Party » de Blake Edwards. Partant d’une idée burlesque guère nouvelle (celle de l’intrus qui dérègle la marche du monde), Blake Edwards signe un hymne à la gaffe qui s’achève en une apothéose délirante et réjouissante.

 

 

Et il se fit un grand silence dans le ciel et sur la terre

Pour ceux qui souhaitent faire une pause, s’accorder un temps de méditation, je vous propose un instant contemplatif conçu par Alessandro Tranchini, monteur italien free-lance. S’inspirant des plans emblématiques des films des Frères Coen, « Stillness of life » nous rappelle combien le grand écran est, lui, vraiment majestueux.

 

Coen Brothers – Stillness of Life || Video Essay from Aletranco on Vimeo.

 

On se retrouve, bientôt, de l’autre côté. Bon courage !

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