Les contes au cœur de la création scénaristique contemporaine (Structuration, méthodologie, mise en pratique)

Points forts

• Une formation dispensée par deux professionnelles, l’une est spécialiste du conte (points de vue du conteur, enjeux de l’oralité, de la mise en mots et en scène), et l’autre de l’écriture filmique (narration et dramaturgie, langage cinématographique et techniques scénaristiques ).
• Proposition d’une méthodologie pour explorer en profondeur les possibilités d’un conte et de ses différentes versions, en relation avec ses dimensions symbolique, historique et psychologique. Cette méthodologie s’applique à une écriture scénaristique ou de roman, qu’elle ait ou non le conte en sujet principal (maîtrise du conflit interne, externe, du symbolisme, d’un arc narratif, de la psychologie de vos protagonistes et antagonistes, etc).
• Une invitation à inventer de nouvelles formes de récits en s’inspirant de la diversité d’univers des contes de tradition orale.

Public

Auteurs, auteurs-réalisateurs, écrivains, scénaristes, romanciers et toute personne ayant un rapport professionnel à l’écriture.

Pré-requis

Avoir une pratique ou un projet professionnel d’écriture.

Objectifs pédagogiques

• Introduction au répertoire de la littérature orale contée dans sa richesse, son organisation, sa cohérence et ses différentes origines géographiques.
• Repérer la modernité de ces récits (modernité paradoxale bien que réelle, puisque les contes nous viennent de temps souvent reculés), ce qui fonde leur singularité et leur puissance d’évocation.
• Explorer différentes manières de s’en servir pour nourrir l’écriture de romans ou de scenarii originaux.
• Se donner des repères de compréhension et des outils pour inventer des histoires qui sortent de l’ordinaire.

Contenu

De grands noms du cinéma ont utilisé le conte pour créer des chefs d’œuvres, comme Georges Méliès, Jean Cocteau, Jacques Demy et Kenneth Branagh. Si l’on ajoute à cela les nombreux dessins animés et séries télévisées articulées autour du conte, le conte apparaît comme une source d’inspiration très importante pour les scénaristes. Il se fonde sur une structure narrative archétypale et codifiée qui offre un large éventail de possibilités : un même conte peut ainsi connaître des formes diverses et variées, et séduire des spectateurs de différentes cultures à travers les époques. Entre découverte et redécouverte de cette matière foisonnante, nous aborderons ce que l’auteur travaille dans son scenario, qui est avant tout une construction du sens : quelle thématique pour quel personnage ? Le pourquoi et le comment de leur fonction ? Quelle intrigue pour quel conflit interne ?

Interroger le conte permet d’appréhender les leviers de la dramaturgie avec efficacité et modernité, quel que soit le sujet de votre film. Le conte est la voie royale pour aborder la psychologie fine au service de l’émotion.

Dans le cadre de cette formation, de nombreuses notions seront transmises, des théorie abordées. Elles seront mises en œuvre au travers d’exemples, de visionnages, d’applications concrètes et d’exercices.

Un temps sera réservé en fin d’après-midi de chaque journée pour les travaux personnels des stagiaires. Ils pourront bénéficier en fonction de l’état d’avancement de leurs projets et de la constitution du groupe, de conseils, d’encadrements ou d’une dynamique d’atelier avec réflexion collective sur les projets de chacun.

Programme

Jour 1 – Qu’est-ce qu’un conte ? Qu’est-ce qu’une écriture filmique ? De quelles manières les films contemporains travaillent la matière des contes ?

Matin : Introduction au conte, définition.

Présentation des formateurs et du groupe, aperçu du programme de la formation.

Quelle est la spécificité du conte par rapport à la fable, le mythe ou la légende ?
Repères historiques et approche du répertoire de la littérature orale et du conte dans sa diversité pour comprendre les origines et l’évolution de cette forme singulière de récit. Différents types de conte : merveilleux, philosophique, fantastique, satirique, facétieux… Différentes versions possibles d’un même conte, selon la culture, le lieu d’origine, l’époque.
Enjeux des transcriptions écrites, impact sur ce qui nous en est parvenu.
Repérer la modernité paradoxale de ces récits qui nous viennent de temps souvent reculés. Comment s’en servir pour nourrir l’écriture de scenario ?

Après-midi : Comment les films se nourrissent de la matière des contes rencontre ?

Qu’est-ce qu’un écriture scénaristique ? Singularité de cette forme de récit et de sa destination. Penser en images et en son.

Première approche des dialogues entre contes et projets de films : adaptation, transposition, références implicites et explicites, modernisation, écriture originale, emprunts d’éléments ou de structures, jeu de récits. Types de langages, régime du réel, place de l’imaginaire et sens généré.

Ces différents cas de figures seront développés en s’appuyant sur des exemples de films récents et plus anciens, français et étrangers, tels que L’Enfant lion de Patrick Grandperret, La Belle et la Bête de Jean Cocteau, Le Conte de la Princesse Kaguya d’Isao Takahata, Edward aux mains d’argent de Tim Burton, Quelques minutes avant minuit de Juan Antonio Bayona, Au bout du conte de Agnès Jaoui, Hansel et Gretel de Yim Pil-Sung, Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee, Red Riding Hood de Catherine Hardwicke, Azur et Asmar de Michel Ocelot, le Labyrinthe de Pan de Del Toro …

Jour 2 – L’Histoire 1ère partie : structure et fonctions

Matin : L’histoire entre technicité et créativité.
Qu’est-ce qu’une narration ? Différence entre récit et histoire.
Schéma narratif et fonctions, morphologie du conte merveilleux selon Vladimir Propp. Invariants et innovations.
Fonctions des différentes parties du récit.
Lecture et analyse de contes à partir des outils proposés par Propp et Brémond.

Après-midi : La Belle et la Bête : conte, scenario et film.
Enjeux du passage d’un texte écrit à un texte de scenario, visionnages de séquences.
Spécificité du langage cinématographique, fait de plusieurs écritures tissées (travail des plans, de la lumière, mise en scène…)
Bases techniques de l’écriture de scenario
Partis-pris selon les réalisateurs à partir d’une même matière première du conte.
Adaptation, transposition, interprétation et trahison.
Points de vue et focalisation.

Jour 3 – L’Histoire 2ème partie : éléments fondamentaux de dramaturgie moderne

Matin : Schéma narratif et dramaturgie
Théorie de Claude Brémond. « Tout récit consiste en un discours intégrant une succession d’événements d’intérêt humain dans l’unité d’une même action »
Présentation rapide des grands théoriciens actuels de la dramaturgie : Truby, McKee, Lavandier…
Le noyau d’une histoire : protagoniste et conflit, émotion.
Les trois grands mouvements d’une histoire.
Notions clés : situation initiale, protagoniste, élément déclencheur, objectif, enjeu, moyens, obstacles (interne/externe), nœud dramatique, climax, résolution

Après-midi : point de mi-parcours de la formation et travail d’atelier collectif mettant en jeu les différents outils proposés

Jour 4 – Les Personnages

Matin : le personnage entre fonction et psychologie
De Propp à Greimas : fonctions des personnages.
Le héros, l’objet de la quête, le mandateur, l’agresseur, le donateur, l’auxiliaire magique, le faux héros.
Le schéma actantiel : axe du désir, axe de la transmission, axe du pouvoir
Les personnages clés chez Joseph Campbell, dans la commedia dell’arte : personnages de représentations. Le pourquoi et le comment de leur construction
Quelques personnages récurrents des contes : le roi, le fils du roi, la fille du roi, la méchante reine, le dragon, le diable, le loup, le renard, l’idiot etc.

De la fonction du personnage à sa psychologie : identification, empathie
Ambiguïté psychologique : donner les clés du pourquoi de l’action ?
Cas d’inversion : le gentil devient le méchant
Cas du déplacement : le personnage secondaire devient le héros

Ligne d’action et trajectoire interne des personnages.
Notion de quête, de manque et de besoin.

Après-midi : Différentes lectures et interprétations du personnage
Analyse comparative des différentes versions du Petit chaperon rouge à travers un corpus de textes et de films.

Jour 5 – Faire Image, approche des enjeux symboliques

Matin : L’imaginaire de l’œuvre et celui de son destinataire
Objets, situations, rôles symboliques.
Usage de la métaphore, à l’échelle du récit ou à celle d’un objet.
Exercice pratique autour de l’objet
Approche psychanalytique de Bettelheim.
Merveilleux et métamorphose chez Péju.
Les motifs archétypaux chez Campbell
La part de l’invisible : ce qui est montré et ce qui est vu, ce qui est dit et ce qui est entendu.

Après-midi : dernier temps d’atelier collectif et travail personnel.
Débrief, discussion, bilan.

Formatrices

Une conteuse, FATOU BA et une spécialiste du scénario, EVE TAILLIEZ.

Méthode pédagogique

• Les groupes sont au maximum de 8 personnes pour une meilleure approche pédagogique, les échanges avec les formatrices et la possibilité d’un suivi individuel.
• Contrôle continu et test en fin de stage.

En fin de formation vous sont remis :

  • une Attestation individuelle de fin de formation
  • une Attestation de présence.

HANDICAP

Toutes nos formations sont accessibles aux personnes à mobilité réduite et aménageables pour les personnes en situation de handicap. Pour toute situation demandant un soin particulier, merci de nous contacter au préalable afin de définir ensemble l’organisation à mettre en place.

ACCOMPAGNEMENT

Nous ne vous lâchons pas dans la nature à l’issue de cette journée. Nous vous accompagnons par email.

Matériels utilisés

– Chaque stagiaire travaille sur son propre ordinateur, la salle de cours étant équipée de prises et de WiFi.
– Lorsque la formation se déroule à distance, elle a lieu sur ZOOM, en “distanciel synchrone”, c’est à dire en face-à-face avec votre formateur et non au travers de vidéos à regarder chez vous.
– Pour les sessions à distance, il est demandé aux stagiaires de disposer d’un accès internet rapide, d’un micro-ordinateur avec micro et caméra.

INFORMATIONS PRATIQUES

– Suivant la méthode de financement, les délais d’accès à la session peuvent varier de 2 jours à quatre semaines (financement personnel, dossier Afdas auteur ou intermittent, dossier Pôle-emploi, etc.). Tenez-en compte dans le montage de votre dossier.
Modalités d’évaluation : durant la dernière heure de formation, vous devrez remplir et remettre au formateur une évaluation à chaud et dans les six mois vous recevrez par email une évaluation à froid.

Pour prolonger cette formation

Formation CDFCP

Références stage

25554

Dates et lieux

PARIS STALINGRAD

18/10/2021 au 22/10/2021

Prix : 1600€

Durée

5 jours (35 heures)

Max personnes

8

Catégorie

Perfectionnement / Spécialisation